L'actuelle constitution y est pour quelque chose puisque le pouvoir exécutif est entre les mains d’un président qui n’a pas la majorité au parlement et qui n’est plus soutenu que par 5% de la population (selon les dernières enquêtes d’opinion). Le principe est alors celui du consensus, et c’est ce qui a été recherché pour engager le processus d’un changement de constitution  ; mais seulement entre les parlementaires, et sans tenir compte des attentes de la «  rue  », laquelle a crié à la trahison… et continué à manifester. 

Un volet social aurait également dû être négocié, pour engager des modifications dans la répartition des richesses. Mais c’est actuellement l’impasse. Car une partie importante de la droite, descendante d’Augusto Pinochet, s’y refuse vigoureusement, soutenue en cela par les ministres désignés par le président ; et même si une partie de la droite y était favorable (y compris des industriels, le président de la banque centrale, ainsi que certains députés), l’heure n’est plus au consensus dans ce domaine. 

Le seul consensus récemment obtenu n’a concerné que le vote en urgence de lois renforçant les pouvoirs de la répression contre les «  casseurs  » : allant jusqu’à de lourdes peines de prison pour ceux qui lanceraient des pierres, mettraient des graffitis sur les abribus ou porteraient un foulard devant le visage (pourtant utilisés pour se protéger des gaz lacrymogènes).

Quant aux conditions dans lesquelles se prépare la mise en œuvre de l’accord pour une nouvelle constitution, la commission technique paritaire désignée pour cela vient de constater formellement des impasses concernant la composition et les modalités de désignation des membres de la future assemblée constituante (dont le principe doit être validé par le référendum prévu le 26 avril prochain). 

Ces carences dans la gouvernance du pays pèsent lourd dans l’ambiance actuelle, encore alourdie par les actions violentes d’une minorité de « casseurs ». Certains espèrent encore un geste significatif en faveur des revendications portées par une grande partie de la population (bien au-delà de ceux, nombreux, qui prennent toujours le risque d’aller manifester)  ; mais d’autres ont le sentiment d’un échec probable du mouvement dans sa forme actuelle. Or cela signifierait la «  victoire  » de la frange la plus réactionnaire du pays, inconsciente que la partie ne serait que remise, probablement encore plus brutale. Et c’est l’analyse faite par ceux de la droite qui acceptent l’idée d’introduire des changements, conduisant nécessairement à une modification dans la répartition des richesses, et donc à une modification significative de la politique fiscale. 

Dans ce contexte se pose en plus la question de savoir qui sont ces casseurs  ; la droite avance l’hypothèse d’une action concertée de narcotrafiquants, qui financeraient les jeunes des quartiers qu’ils contrôlent pour en renforcer l’autonomie vis-à-vis des pouvoirs publics. Mais l’analyse de sociologues est malheureusement encore plus préoccupante  : c’est la prise de conscience par la partie la plus démunie de la jeunesse que son avenir est de toutes façons sans issue dans cette société. Ils sont nombreux dans cette situation, et ils en prennent collectivement conscience  !

Michel SÉRUZIER
Depuis Santiago du Chili 

 Artículo de prensa de Noticias Literarias

 

Le poète chilien — plutôt « antipoète », tel qu'il s'était défini — Nicanor Parra, est mort chez lui, à la Reina, dans la province de Santiago, à l’âge de 103 ans, a annoncé mardi dernier le ministre de la Culture du Chili, Ernesto Ottone. Il sera enterré jeudi, à Las Cruces, ville où il s’était retiré de la vie publique depuis une vingtaine d’années, refusant toute interview. 

Nicanor Parra, décrit par les journaux chiliens comme irrévérencieux et controversé, fut l’un des poètes les plus influents et les plus originaux de la littérature hispano-américaine contemporaine. 

 

Preuve en est : il fut de nombreuses fois récompensé : entre autres, lauréat du Prix national de littérature au Chili en 1969 ou, encore plus récemment, du Prix Cervantes en 2011.  

 

Nicanor Parra Sandoval est né le 5 septembre 1914 à San Fabián de Alico (village situé près de Chillán, à environ 400 kilomètres au sud de la capitale du pays, Santiago). Il fait partie d’une famille de neuf enfants, dont certains sont devenus des artistes populaires reconnus.

Nicanor Parra fut le seul à poursuivre des études supérieures. Il étudie les mathématiques et la physique à l’université du Chili. Par la suite, il reçoit deux bourses pour étudier deux ans à la Brown University aux États-Unis et à Oxford au Royaume-Uni. Il enseigne la physique, dirige l'École d'ingénierie de l'Université du Chili puis enseigne la littérature.

 

Gato en el camino est son premier texte connu. Deux ans après, il publie son premier livre de poème Cancionero sin nombre. Mais l'auteur a révolutionné la poésie latino-américaine avec son second livre Poemas y antipoemas (Poèmes et anti-poèmes) en 1954 — publié aux éditions du Seuil en France, en 2017.

Il marque la création du modèle antipoétique, un nouveau style de poésie, l'écrivain étant désireux de s'opposer à la tradition poétique, avec un antihéros, de l'humour, de l'ironie, du sarcasme et une langue mêlant argot et versification traditionnelle.
 

Il publie d'autres textes, par la suite : Versos de salón (1962), Canciones rusas (1967), Obra gruesa (1969), Artefactos (1972), Sermones y prédicas del Cristo de Elqui (1977), Nuevos sermones y prédicas del Cristo de Elqui (1979), Chistes para desorientar a la poesía : Chistes parra desorientar a la policia (1983), Coplas de Navidad (1983), Poesía política (1983), Hojas de Parra (1985) » avant de se retirer à Las Cruces. 


Nicanor Parra - Poèmes et antipoèmes et Anthologie - Trad. Bernard Pautrat - 9782021237450 - 23.80 €. 

 

Via La terceraLa Opinion

La grenouille aux sourcils jaunes : une nouvelle espèce découverte en Colombie

Une nouvelle grenouille fait du charme aux scientifiques. Outre ses jolis sourcils jaunes, ce sont surtout ses capacités à s’adapter à des zones variées et aux climats les plus rudes qui les fascinent.


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Son nom scientifique est Pristimantis macrummendozai mais on préférera tous l’appeler grenouille aux sourcils jaunes.

Les chercheurs de l’Institut Alexander von Humboldt qui l’ont découverte dans la cordillère andine orientale, affirment que cette grenouille terrestre est surprenante sur bien des points.

D’abord, elle peut se reproduire en zone humide. Sa coloration foncée lui permet d’autre part de se camoufler des prédateurs, mais également d’absorber la chaleur et le froid pour une adaptation à n’importe quel climat. Sa peau présente aussi des plis entre lesquels elle retient l’humidité.

Ainsi, cette nouvelle espèce de batraciens fait preuve d’une capacité d’adaptation étonnante qui l’aide à évoluer sur zones terreuses, rocheuses, sèches comme humides.

Ces caractéristiques permettent à la Pristimantis macrummendozai de survivre dans les conditions climatiques rudes des montagnes orientales colombiennes, dont la hauteur moyenne se situe autour de 3.000 m. En effet, elle habite les zones du complexe d’Iguaque Merchán appelées paramos : une sorte de lande humide entre les forêts chaudes et humides, et les neiges éternelles au pied des pics culminant à plus de 4.000 m.

 


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© Ariel Parrales Ramírez / Instituto Alexander von Humboldt

 

L’expert en biologie de l’Institut Humboldt, Andrés Acosta Galvis, a qualifié cette découverte d’encourageante. La Pristimantis macrummendozai est la deuxième grenouille retrouvée dans la région. Selon lui, la Colombie a encore beaucoup de travail à accomplir afin d’étudier toutes ses zones montagneuses.

La quantité d’espèces découvertes en Colombie fait déjà de ce pays l’un des plus diversifiés au monde du point de vue biologique. Et les zones montagneuses abritent des écosystèmes uniques, accueillant des espèces encore inconnues.


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Bicimáquinas, des machines à pédales pour labourer, égrener du maïs ou remorquer 600 kg

Au Guatemala, l’association Maya Pedal développe des bicimáquinas : des machines à pédales construites à partir de vieux vélos. Il s’agit d’une façon de simplifier et de mécaniser des taches comme laver le linge ou labour, grâce à l’énergie produite en pédalant.

Rédigé par Lucia García Botana

   

Les bicimáquinas, contraction de vélo et de machines en espagnol,                                                    sont le fruit de la transformation d’une bicyclette en un appareil ménager ou en un outil agricole.                                                                         Des procédés ingénieux qui permettent à plusieurs communautés guatémaltèques de se développer et                                                                 d’améliorer leur niveau de vie, tout en restant indépendantes de l’énergie électrique.

Derrière chacune de ces machines hybrides, il y a tout un                                                                       travail de dessin et d’ingénierie afin de créer des appareils adaptés aux besoins quotidiens des habitants                                                                 du village de San Andrés Itzapa. Décortiquer le maïs ou lancer un business de smoothies sont désormais                                                                       facilités grâce au travail des bénévoles de l’association Maya Pedal.

L’idée de départ était de faciliter et d’optimiser les tâches                                                                       quotidiennes tout en faisant du sport grâce à un processus complètement écologique et durable, qui n’utilise                                                              ni électricité ni combustibles fossiles et procure une complète indépendance énergétique.

Les bicimáquinas de Maya Pedal permettent de soutenir les économies familiales et d’améliorer le niveau de vie des habitants. L’activité a débuté en 1997 : près de 20 années durant lesquelles Maya Pedal a produit plus de 1.200 machines à pédales. L’équipe de Maya Pedal est constituée d’employés locaux et de bénévoles venus des quatre coins du monde : tout le monde peut d’ailleurs se porter volontaire pour une période de temps laissée au choix. Pour cela, il suffit simplement de postuler sur le site internet.

L’idée fait des émules puisqu’aujourd’hui, des groupes et des ateliers similaires ont vu le jour au Mexique, au Brésil, en Argentine et au Pérou. Même le prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) a collaboré avec l’association pour l’aider à perfectionner ses plans et à concevoir de nouvelles machines.

Des machines à pédales pour tout faire

Maya Pedal reçoit des centaines de vieux vélos à partir desquels sont développées des solutions étonnantes répondant aux besoins des populations locales. Les seuls matériaux utilisés dans la fabrication sont le ciment, le bois et le métal. Le but est de profiter au maximum de la force de pédalage pour inventer des machines fonctionnelles et économiques.

Voici quelques exemples des bicimáquinas :

  • Égreneuse de maïs et moulin à céréales  : très utile dans des fermes familiales, cette machine, actionnée par une seule personne, permet d’égrener jusqu’à 2.600 kg de maïs par jour et de moudre 1,5 kg de grains de toutes sortes par minute.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Pompe à eau  : capable de puiser jusqu’à 35 litres d’eau par minute, aussi bien pour la consommation humaine que pour l’irrigation agricole. Elle fonctionne jusqu’à une profondeur de 30 mètres, contrairement à son pendant électrique, qui ne parvient à pomper que jusqu’à 12 mètres.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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